Déjà octobre ! L’été est passé. Malgré cela, je vous partage quelque chose de mes vacances dans l’Océan Indien. J’y ai retrouvé ma famille et des amis, installés là-bas. J’ai aussi rencontré des prêtres de ce diocèse si lié au nôtre par notre Grand Séminaire commun.
La Réunion, « l’Île Intense », avec ses reliefs très accidentés, le manteau vert de ses belles forêts, les champs de canne, les villages typiques, l’océan et ses lagons, les trois grands cirques et leurs cascades ! Le volcan de la Fournaise n’était pas en éruption, mais j’ai pu voir les traces encore tièdes de la coulée de 2026.
J’ai sillonné des routes parfois acrobatiques de l’île. J’ai fait de jolies randonnées, un peu rudes pour mes jambes d’octogénaire ! C’était l’hiver là-bas. Mais pas besoin de pull : avec 20 ou 25° C, je n’ai pas vraiment grelotté !
D’abord le bonheur de rencontrer mes neveux et leurs familles, de revoir mes amis très chers, C’est un cadeau superbe, pour ne pas en rester à une visite seulement touristique ! On m’a expliqué les coutumes et parlé des réalités de la vie. Disons-le : tout n’y est pas tout rose pour tout le monde ! On a souligné en positif un mélange, plutôt heureux, entre gens d’origines et de religions différentes.
La « Réunion » mérite bien son nom.
Toutefois on perçoit là-bas aussi des résistances pour accueillir ceux qui viennent d’ailleurs. Et certains « politiques » de métropole viennent souffler sur les braises, à l’approche des présidentielles !
Dans mes balades et dans mes conversations, je n’ai pas oublié mes origines nantaises : impossible de tirer un trait sur ce que j’avais pu lire ou entendre à propos de la colonisation, de la traite négrière, de la réquisition des engagés après l’abolition de l’esclavage (1848). Tout cela m’a beaucoup touché. Je retiens aussi l’évocation de certaines pages bien sombres, celles des années 1960, quand 1600 enfants réunionnais ont été envoyés – dans quelles conditions ! – vers les départements dépeuplés du Centre de la France.
Le dimanche, à Saint-Benoît ou à l’Étang-Salé, j’ai présidé les messes bien préparées, bien animées, chaleureuses … sans avoir été trop prévenu que je devais prêcher ! Mais j’étais bien piloté par un diacre ami, Jean-Luc. Les prêtres que j’ai rencontrés sont polonais ou malgaches. La pénurie de prêtres, c’est aussi là-bas !
À Bassin-Bleu, j’ai retrouvé Imad que j’avais eu la joie de baptiser, il y a 9 ans. Il est l’enfant de Romain et de Leila, ma « nièce de cœur ». Ils savaient que leur bébé naîtrait avec un handicap. Imad vient de faire sa première communion. Son prénom, bien choisi, signifie « le pilier » « le soutien ». Ses parents disent de lui qu’il est un « cadeau de Dieu ».
J’ai pu aussi me rendre à La Rivière des Pluies chez les parents de jeunes paroissiens, Jérémy et Lindzy, qui sont avec nous le dimanche à Notre-Dame de Toutes-Aides.
Faut-il le dire ? La Métropole n’est pas le centre du monde ! Que d’opportunités pour mieux m’ouvrir à la vie de l’Église universelle ! Chance également d’élargir mon horizon et de penser à ceux qui viennent d’Outre-mer ou des pays étrangers, trop discrets dans nos assemblées. Non pas mal accueillis mais souvent ignorés !
On m’a appris à dire : non pas « ils viennent d’ailleurs », mais ils « viennent de quelque part ». D’où, au juste ? A moi, par exemple, de ne pas confondre l’Océan Indien avec les Antilles !
Puissions-nous rester attentifs les uns aux autres … à tous, étrangers ou non, présents dans nos églises ou voisins de nos quartiers… Si nous voulons élargir nos horizons, pas besoin de faire 10 000 km… mais déjà quelques pas, ici à notre porte, ou dans nos églises…
gilles.priou@wanadoo.fr
