C’est le souhait que le Christ, après sa résurrection, offrait à ses apôtres quand il leur rendait visite alors qu’ils étaient tous réunis.
Dans l’évangile de Jean 16-33 : « je vous ai dit cela pour qu’en moi vous ayez la paix. En ce monde, vous faites l’expérience de l’adversité., mais soyez pleins d’assurance, j’ai vaincu le monde ».
Dans l’évangile de Jean 14 27 : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Ce n’est pas à la manière du monde que je donne ».
C’est ce même souhait que le pape Léon XIV, à peine élu, du haut du balcon de la basilique Saint- Pierre, offrait au monde entier.
Le mot « paix » a une grande signification dans la Bible.
En Hébreu : « Shalom » signifie bien plus que l’absence de guerre ou d’hostilité mais de la présence de Dieu et de son règne.
La paix n’a pourtant jamais été aussi menacée. C’est ce qui faisait dire au pape François que nous vivons dans l’état d’une « troisième guerre mondiale en morceau ».
Pas besoin de faire une longue liste des conflits en cours : quelques exemples suffisent hélas : « l’opération militaire spéciale » qui s’enfonce dans sa 4ème guerre, lancée par l’URSS contre l’Ukraine ; la guerre entre Israël allié aux Etats-Unis contre le Hezbollah, avec des répercussions sur les populations innocentes au Liban ou même en Iran ; au Soudan dans sa quatrième guerre civile commencée en 2023…Les conflits entre le Pakistan, et les pays voisins…
Soeur Maya (excusez l’orthographe dont je ne suis pas sûr), religieuse résidant en plein coeur de Beyrouth disait à l’émission religieuse du dimanche sur Antenne 2 : (je cite de mémoire) : « La paix ça n’est pas l’absence de guerre. Il ne faut pas
croire qu’elle se réalisera tout de suite. La paix, c’est une démarche, une
disposition du coeur ».
Dans notre histoire, il y a pourtant eu des personnes qui ont cru en la paix : on peut nommer Gandhi, assassiné début 1948, personnalité connue pour avoir employé la résistance non-violente, Martin Luther King, assassiné en 1968, pasteur chrétien, fervent militant pour la paix et contre la pauvreté, Yitzhak Rabin,
assassiné à Tel Aviv le 4 novembre 1995, artisan de la paix israélo-arabe, citons aussi les 19 martyrs de Tibhirine, dont nous fêtons les 30 ans de la mort,
assassinés en 1996, avec Christian de Chergé, qui parlait de « la paix désarmée, la paix désarmante ».
La paix par la force, ça ne marche pas. La paix sans la justice ne sera jamais possible, « justice et paix s’embrassent » pouvons lire dans les psaumes.
Nous venons de célébrer la fête de la Pentecôte. Il est bon de nous rappeler que la paix est un fruit de l’Esprit. Ainsi, si nous laissons l’Esprit de Dieu régner dans nos vies, nous expérimenterons sa Paix.
Jésus a donné la paix à ses disciples en se fondant sur la foi d’avoir sauvé le monde par sa mort et sa résurrection.
C’est cette conviction qui doit nous habiter pour garder l’espérance.
Cette disposition du coeur est bien sûr à cultiver au plus profond de chaque être humain. Et cela demande d’être attentif à tout ce qui peut la mettre à mal : la jalousie, l’esprit de concurrence entre les personnes, l’injustice, la volonté de dominer l’autre, la rancune, autant de « gourmands » dont parlent les vignerons : ces tiges inutiles, qui se développent sur le cep de vigne et qui en sucent la sève.
Au fond, et c’est un paradoxe, la paix, est un combat à mener, d’abord en soi-même.
Matthieu (10 34) citait dans son évangile, une parole du Christ : « N’allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais bien le glaive « … une façon pour Jésus de dire que la paix, cela n’est certainement pas une solution de facilité, ou le fruit de la lâcheté. Il s’agit d’une lutte exigeante, à mener au plus profond de chacune et chacun. Alors, face à cette tâche immense, demandons à Dieu d’envoyer son Esprit de force et de sagesse, pour que nous soyons pour le monde, des artisans de paix
Jean-Yves Lecamp
