Trois jours au Carmel de Dijon

Le mois de mai s’achèvera par la fête de la Sainte Trinité. Je vous fais découvrir un haut-lieu où la Sainte Trinité est priée et célébrée avec ferveur. C’est le Carmel de Dijon où je me rends tous les ans depuis bientôt 40 ans, le Carmel dont faisait partie Sainte Elisabeth de la Trinité, canonisée en 2016 par le pape François.

Lorsque j’étais aumônier des étudiants à Nantes, une jeune fille de Sainte-Luce cherchait sa voie vers la vie religieuse, et plus précisément vers la vie cloîtrée. Pourquoi pas ce Carmel ? A 25 ans, elle y est entrée, en 2026, elle y est toujours. Et c’est ainsi que, sur la base d’une relation d’accompagnement et d’amitié, j’ai gardé avec elle un lien qui s’est maintenu jusqu’à aujourd’hui et même élargi à toute sa communauté.

Ce n’est pas une punition de se rendre en Bourgogne ! Quelle région splendide ! Le Carmel est construit sur les Premières Côtes de Marsannay, près de Dijon. C’est la vallée de la Saône, avec ses vignobles prestigieux, ses forêts. Les sœurs ont travaillé dur sur ces collines arides. Elles ont créé là un bel espace, pour elles d’abord, mais aussi pour accueillir leurs hôtes au plus près de leur communauté.

Que trouve-t-on dans ce Carmel ? On y découvre d’abord Elisabeth de la Trinité, sa cellule, et surtout sa vie. Pour moi elle était une inconnue, à la différence de Sainte Thérèse de Lisieux. Mais toutes deux ont en fait bien des points de ressemblance : deux jeunes femmes de la même époque (fin du XIXème siècle), toutes deux Carmélites dans la tradition de Sainte Thérèse d’Avila et de Saint Jean de la Croix, avec des parcours de vie religieuse fulgurants, terminés prématurément autour de 25 ans. Toutes deux ont eu un rayonnement remarquable, notamment par leurs écrits.

Plus de 120 ans après, nous pouvons encore les lire pour nourrir notre relation à Dieu… Connaissez-vous par exemple la célèbre prière d’Elisabeth : « O mon Dieu, Trinité que j’adore » ? Je vous la recommande ! Vous la trouverez facilement sur le site du Carmel.

Séjourner dans un Carmel peut sembler une expérience trop sévère, car ce n’est pas un lieu pour le bavardage. De fait, les sœurs sont cloîtrées, elles ont choisi le silence et la prière ; elles nous invitent à entrer avec elles dans cette expérience. Mais silence ne veut pas dire tristesse ni morosité. Une joie tranquille semble les habiter. Elles ne refusent pas les rencontres ou les échanges. Au contraire ! Par leurs nombreux contacts, les sœurs sont bien branchées sur la vie de notre pays et de la planète. Loin de l’agitation, mais pas en dehors du monde, elles prient le Seigneur avec nous tous et pour nous tous.

La question finale : vous-mêmes fréquentez-vous des communautés cloîtrées ? Il n’est pas nécessaire de faire 600 km ! À Nantes, vous connaissez sans doute le Carmel, ou les monastères des Clarisses, de la Visitation ? Ou d’autres communautés, non-cloîtrées, tels les Franciscains de Canclaux, les Grands Carmes de Notre-Dame des Lumières, ou les Sœurs du Carmel de Bethléem ? Faire une pause dans ces communautés, se joindre à leur prière, c’est une chance offerte à tous dans nos vies agitées. Et aussi, une chance pour ces communautés qui ne pourraient vivre coupées du tissu vivant de l’Église !

Gilles Priou


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