Finances

Accompagner toute vie humaine jusqu’au bout

La fête de Pâques nous a plongés au cœur du mystère de la vie et de la mort. Et cela concerne Jésus, le Christ en premier, lui dont nous affirmons, qu’il n’est pas resté prisonnier de la mort. Il est désormais Vivant, Ressuscité ! C’est le cœur de notre foi chrétienne ! Une plongée dans le mystère de la vie et de la mort qui nous concerne nous aussi … car un « passage » nous est ouvert à nous aussi pour accéder la Vie en Dieu, dès maintenant et pour toujours.

Ce message de Pâques nous fait réfléchir, au cœur de nos préoccupations si nombreuses, qui ont si souvent à voir avec la vie et la mort, avec notre vie et notre mort … Le champ de la réflexion pourrait être large. Je le restreins ici aux interrogations que je porte depuis l’interview donnée par M. le Président de la République à deux quotidiens nationaux, vers la mi-mars. Dans la logique de son engagement électoral, le Président veut donner un coup d’accélérateur à la modification des lois concernant « la fin de vie ».

Les éléments qu’il a apportés créent chez moi, mais pas moi seul, un trouble grave et profond. Il me paraît tout à fait nécessaire que nous ne passions pas à côté du débat qui s’engage. Non pas pour nous installer dans la position de catholiques grincheux et retardataires. Car cette affaire ne relève pas d’abord de la foi chrétienne. Je suis troublé comme simple citoyen dans ma conscience humaine !

Il faut dire les choses avec clarté : c’est en fait une digue qui est sur le point de céder, c’est une ligne infranchissable que l’on va s’autoriser à ignorer… On va inscrire l’euthanasie dans la loi, à titre exceptionnel sans doute au départ … Ainsi que le suicide assisté, avec la participation possible des proches. Qu’est-ce que cela ? C’est bien l’interdit fondateur de donner la mort qui doit être officiellement transgressé. Cette innovation redoutable est présentée sous le bel habillage de la fraternité, comme une aide « fraternelle » à mourir. Question : est-ce que fraternité est destinée à couvrir des gestes de mort.

Dès le mois d’avril les textes vont circuler, d’abord dans les instances du gouvernement pour rejoindre ensuite les circuits parlementaires et aboutir à l’horizon de 2025. On nous demande un débat « apaisé » comme s’il fallait laisser passer cette énorme modification sans remous, dans un pays qui aurait tant d’autres problèmes graves à régler.

Cette adoption se fera-t-elle dans l’apathie générale d’une société fatiguée ?

Pour ce qui nous concerne, je pense qu’il reste possible de réfléchir et d’agir :

* Réfléchir : Mon expérience d’aumônerie d’hôpital et ma fréquentation des personnes vulnérables, âgées et malades, m’alerte vivement sur ce qui se joue ici. Je pense que nous serions fautifs de ne pas y consacrer toute notre attention. Comment ?

Chacun personnellement et chaque groupe peut se demander : que disent au juste ces projets de loi ? Avec quels éléments faire mûrir notre réflexion ? Dans le diocèse, nous ne sommes pas dépourvus de moyens. Il faut les utiliser. Et ensuite, pourquoi garder ces réflexions pour nous ? Nous pourrons les partager… et même les communiquer à nos députés

* Agir comme citoyens : Nous pouvons militer pour que la promesse répétée d’instaurer un réseau de soins palliatifs digne de ce nom soit mis en place en France… Quand on sait que deux tiers des départements français ne peuvent pas répondre aux demandes dans ce domaine, on devine que cette pénurie pourrait « imposer » le choix euthanasique comme le seul possible ! Non, ce n’est pas une pente imposée. C’est un choix pour notre société…

* Agir comme chrétiens : les évêques de France, dans leur déclaration du 19 mars engagent les catholiques à s’impliquer davantage auprès des personnes en situation de handicap, âgées ou en fin de vie, Ils ajoutent « plus la solidarité avec les personnes fragiles progressera, plus notre pays avancera sur un chemin renouvelé de fraternité, de justice, d’espérance et de paix ».

Personnellement, je relaie cet appel. Je communique à l’intérieur de ce bulletin des informations concernant la Pastorale de la Santé, les aumôneries des hôpitaux et des Ehpad ainsi que le Service évangélique des malades, (cf page 3).  Et cela dans un double but.

1- pour signaler des personnes de votre entourage qui devraient être visitées et entourées.

2- et pour vous faire appel comme bénévoles. Toutes nos équipes ont constamment besoin d’être enrichies et renouvelées. Nous comptons sur vous. Merci.

Gilles Priou


Publié

dans

Aller au contenu principal