Paroisse Sainte Marie de Doulon

Histoire d’une famille migrante

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Histoire d’une famille migrante à l’occasion de la journée des migrants et réfugiés – 29 septembre 2019   Le 2 décembre 2018, jour de la fête paroissiale, arrivaient salle de l’Asta, S et O et leurs deux filles (6 ans et 1 an), une famille originaire du Cameroun.

Ils sont arrivés 4 jours plus tôt d’Italie, en bus, avec 2 valises et en poche un numéro de téléphone …qui ne répondait plus. Ils ont dû alors dormir dans un garage, puis aux urgences !

A l’Asta, le Pôle Solidarité les accueille et le soir même ils dormiront chez une paroissienne pour trois semaines. Les démarches commencent avec eux à : France Terre d’Asile, à la Cimade etc… 

La solidarité se met en place, certains de la paroisse apportent des plats, ou des vêtements. D’autres les accompagnent à la PASS pour mettre à jour leurs documents de santé, ou chez SOS médecins quand la petite dernière est malade ! Ils passeront Noël dans une famille. Les appels aux 115, finissent par aboutir et un déménagement se fait vers Châteaubriant : 2 chambres, pas vraiment de possibilité de cuisiner, mais par l’intermédiaire du diacre de cette nouvelle paroisse, la solidarité se met là encore en place. Nous gardons des liens ! Puis nouveau déménagement du côté de la Haluchère …pour quelques semaines avant un logement aux Dervallières, apportant cette fois-ci un espace suffisant, mais qu’il faut meubler : nous nous mettons en contact avec le pôle solidarité de leur nouvelle paroisse. 

L’installation se fait dans de bonnes conditions grâce à de nombreuses implications personnelles : réparation d’une télé, installation d’une machine à laver, dons de matériel de cuisine, etc.. O., la maman, s’implique dans du bénévolat à la paroisse et dans « l’Autre Cantine » : une association de bénévoles qui livrent des repas aux migrants. Elle crée du lien. M., leur fille de 6 ans, va à l’école publique, avec un très bel accueil de la direction qui a su tenir compte de ses difficultés. Des cours d’orthophonie sont entrepris. Toutefois, en parallèle, les tracasseries administratives continuent : ils sont ’dublinés’ (c’est-à-dire qu’ils ont l’obligation de retourner d’où ils viennent, pour eux : l’Italie). Mais l’avocat contacté arrive à faire annuler ce jugement. Puis un nouveau courrier annule ce qu’avait obtenu l’avocat. Finalement le dernier papier reçu de la préfecture leur donne l’autorisation d’avoir le statut de demandeurs d’asile …   Le 14 Août, leur arrive un courrier : ils ont une place en CADA (Centre d’Accueil de Demandeurs d’Asile) et doivent partir le 22 Août. C’est à nouveau un traumatisme : c’est le cinquième déménagement : cette fois-ci au milieu du plateau des milles vaches, à Peyrelevade en Corrèze, village de 750 habitants, qui ne manque pas d’associations d’aides et de solidarité. 

Deux chambres les attendent dans cette ancienne maison de retraite. Ils sont environ 90 accueillis dans ce CADA. Heureusement une voiture peut les précéder pour leur amener leurs affaires.  O a maintenant retrouvé du bénévolat : tris de vêtements puis mise à disposition pour un prix symbolique. Elle regrette qu’il n’y ait pas de vie paroissiale à Peyrelevade. M va à l’école et au caté. (Il reste encore l‘orthophonie à mettre en place). La petite va rentrer à l’école en décembre. S ne vit pas très bien cet « enfermement » car il n’y a pas de possibilité de quitter le CADA du fait de l’absence de transport en commun.

Comme disait O :" au CADA : les gens arrivent puis repartent, beaucoup sont déboutés, tous vivent dans l’inquiétude du lendemain". Aujourd’hui ils sont en attente de la décision de l’OFPRA. (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides).

Les liens d’amitiés demeurent et ceux qui ont passé du temps pour cet accompagnement se sentent enrichis !


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